Ça hurle, ça griffe, ça mord, ça saigne, ça frappe, ça craque, ça pleure, ça morve, ça s’essouffle, ça tremble, ça gémit, et puis ça crie et ça mord et ça pleure encore et encore partout à l’intérieur.
Je crêve d’une rage de vivre qui s’entasse en moi parce qu’elle ne trouve personne dehors avec qui VIVRE.
Vivre ! Ralentir et respirer et ressentir et raconter et marcher et cultiver et créer et suer et partager et manger et dialoguer et rire et chanter et danser et s’aimer et dormir…
Qui ?
Qui m’offrira la grâce sublime d’un Face-à-Face nu, décrassé des mots-parasites qui jugent et qui condamnent bien avant de rencontrer l’Autre Visage ? Qui a laissé sa Vie rugir en iel, jusqu’à pulvériser tous ces mensonges qui étriquent, qui violentent et qui épuisent son existence ? Qui s’est défait de la camisole de force du temps, de l’argent, de l’état-nation et des sexes ?
Qui a épousé le vide ?
Qui a retrouvé soi-corps, ses frissons uniques, son propre langage, sa vision ouverte au multiple et au fluant qui surgit toujours pour la première et la dernière fois ? Qui se sent tissé dans le cosmos ? Qui me verra Autre-Visage du Même-Tout ? Qui me changera par sa Parole et qui se laissera traversé par la mienne ?
QUI ?
Autour de moi, il y des viols et des suicides, noyés dans la vitesse et le vacarme de machines de mort.
alors ça hurle, ça griffe, ça mord, ça saigne, ça frappe, ça craque, ça pleure, ça morve, ça s’essouffle, ça tremble, ça gémit, et puis ça crie et ça mord et ça pleure encore et encore partout à l’intérieur.
Voilà, c’est tout pour moi cette semaine. Je vous laisse avec ce texte du bon Jacquou :
« La technologie nous a profondément pénétré. Non seulement la machine tend à créer un nouvel environnement de l’homme, mais elle modifie aussi son être même. Le milieu dans lequel vit cet homme n’est plus son milieu. Il doit s’adapter comme aux premiers temps du monde à un univers pour lequel il n’est pas fait.
L’humain est fait pour six kilomètres à l’heure et il en fait mille.Il est fait pour manger quand il a faim et dormir quand il a sommeil, et il obéit au chronomètre. Il est fait pour le contact avec les choses vivantes et il vit dans un monde de pierre.
Libéré peu à peu des contraintes physiques, il devient esclave des contraintes abstraites. Agissant sur toutes choses par des intermédiaires, il perd le contact avec la réalité. »
— Jacques Ellul (La Technique, enjeu du siècle)
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