Avertissement :
Si tu retiens pas toutes les informations de ce chapire, c’est pas grave. C’est juste pour décrire le mood d’un village médiéval.
Duwuh reste pensive quelques instants en regardant son reflet dans l’eau, plongée dans d’innombrables souvenirs. La fumée fluante de la noosphère spiralise autour d’elle et dépeint déjà plusieurs scènes, avant même que la phalène ne se mette à parler.
Les Farfadaises des bois de Qualibio voient dans les vapeurs magiques un village d’une cinquantaine de grandes masures trapues, accrochées aux pentes douces de prairies à flanc de vallée finissant par border les courbes d’une rivière agitée, enjambée par un pont de briques jaunes et bleues.
Des humains aux gilets de laine de mouton ramènent dans des étables des troupeaux de vaches, de chèvres, de brebis et de queloudes, des sortes d’hybrides de girafes et d’autruches. D’autres humains sarclent des jardins et d’autres étendues maraîchaires, mais la plupart des habitants participent à brosser et traire les animaux.
Certains, vêtus de bleu, puisent le l’eau pour remplir d’eau des outres et des bacs en bois. D’autres, couvertes en rouge, tirent des pierres d’un grand feu au centre du village, équipé de pinces en défense de cerfs. Puis, iels plongent les pierres brûlantes dans les bacs d’eau, avec un « tshhhh » fumant.
D’autres encore, aux vêtements dans les tons jaunes, cuisinent dans de grandes marmites au-dessus d’autres feux et disposent des tables et des bols sur la place la moins raide du village, en calant cependant les pieds des tables pour les aplanir. Un couple de prêtres, portant mitres et bâtons, passe d’un habitant à l’autre, en se léchant le pouce puis en leur touchant le front, avec une lenteur solennelle. Des enfants courent un peu partout parmi tout le monde, en jouant à des jeux aux lois changeantes, tantôt mignonnes, tantôt cruelles.
La Noosphère tisse ces visions à partir de plusieurs points de vue, pas seulement celui de Duwuh. C’est pourquoi on voit aussi des filaments multicolores, semblables à ceux sortis des Farfadaises pour rétrécir Duwuh ou façonner la noosphère, sortir de la tête, du cœur et du sexe de plein d’humains, sans même qu’iels semblent s’en rendre compte.
Parfois, ces fils luisants et invisibles relient les humains les uns aux autres, mais parfois ils s’étirent et confluent vers d’autres contrées, surtout une grande rivière de poussières dorées qui conflue depuis presque tous les habitants pour s’en aller loin, par delà la montagne, à près de deux jours de marche, où se dresse un château.
Le château de l’archiduc Albinquèque de Castignaf.
Certaines cordes de couleurs fluentes s’élèvent plus haut encore que celle vers l’archiduc, jusqu’aux cieux où s’étirent, vastes comme des constellations, des formes humaines divines : les dieux et les déesses du mont Punédaille, là où partent toutes les âmes après la mort. Là où les âmes seront jugées par le couple de Génou et de Bénéniquel, pour savoir si l’âme mérite une éternité de félicité parmi les dieux ou une torture infinie dans les souterrains de ZGLONG, la Merdre. Dans le palais céleste, dix autres silhouettes démiurgiques gravitent autour du Roi-Dieu Génou et de la Reine-Déesse Bénéniquel, tissées par des filaments de croyance humaine en provenance de toutes les directions du pays.
Duwuh se redresse tout à coup et commence à parler, ce qui trouble les visions de la noosphère pour les reformer autour d’une ferme en particulier, perçue du point de vue de l’enfant que fut Duwuh. Mais les scènes se succèdent vite, sans s’arrêter avec netteté.
– Pfiou la la, mais en fait, tout ce qui s’est passé avant la guerre, c’était il y a tellement longtemps ! Comme si c’était une autre vie ! Et le détenteur de notre Génie Hurbert, il a changé tellement de fois1 ! Oncle Jocal ? Non, il le faisait parce que Jean-Hurbert voulait d’abord tuer Zizink… enfin, le Jean-Hurbert de ma génération, hein ! Pas oncle Jean-Hurbert, qui est, euh enfin qui a eu notre Génie Hurbert quand grand-père est mort… Mais bon, là j’étais pas née. En tout cas, le Jean-Hurbert que j’ai connu, il aurait mieux fait d’arrêter de boire tout le temps… Il dormait toujours à l’heure de la traite et même aux cloches de la première prière ! Il était bête ! Ça ! Ça attire le mauvais œil, ça ! Cybol, mon grand frère, disait toujours que le vrai héritier de notre Génie, c’était papa ! À la fin, il avait même dû prier à la place de Joncal, avec l’autre veuve, là ! ça plaisait pas du tout à maman, parce qu’Opikèf, elle pouvait être jalouse, mais jalouse ! Ça ! Oh elle préparait toujours des poutaques2 si délicieuses ! On adorait en manger avec Merilba et Tipa… Haha ! Qu’est-ce qu’on rigolait bien ensemble ! Oh… Tipa… j’espère que tu vas bien, petite sœur, et que tu as mis mon fils en sûreté…
Les Farfadaises plissent les yeux et chuchottent entre elles pour essayer de comprendre quoi que ce soit, jusqu’à ce que l’une d’entre eux perde patience et risque de déconcentrer Duwuh :
– Autre-Je-Duwuh ! Pouvoir transformer toi-boule-de-vécu-soleiloïde en histoire-rivière ?
– Hein ? Ah, oui, le début, d’accord, d’accord. Concède Duwuh, avant de respirer trois fois longuement, flanquée de Tazdingo et Vrouxe, qui lui sourient.
– Les légendes racontent que durant les croisades, notre Génie Hurbert a suivi notre seigneur l’archiduc Albinquèque de Castignaf pour s’installer en Terres Saintes. Le père de mon grand-père était tout petit lorsqu’il a quitté le royaume Mûldir pour suivre sa famille jusqu’à Iguellis, pays de la cité sacrée de Molok-Mokol. De mon trisaïeul, je ne sais presque rien. Mais je sais que Hurbert mon grand-père est mort avant ma naissance, tué par un gendarme du duc.
« Les Seigneurs étaient en guerre. Leurs chevaliers escortaient des fourageurs pour vider nos greniers et prendre tout notre… enfin leur bétail. On m’a raconté que Hurbert mon grand-père s’était énervé face au chevalier Ernigalo, car cet abruti voulait prendre vraiment vraiment tout notre bétail, sans même nous laisser les plus fécondes pour renouveler le troupeau ! Ils font toujours ça, les soldats ! Ils comprennent rien ! Ils prennent tout et l’année suivante, tout le monde crève de faim, même eux ! Ils sont cons, vraiment cons, hein ?
« Mon grand-père pensait qu’il serait écouté parce qu’il paraît qu’il maniait fort bien le stylet sur le cuir et que plusieurs des chevaliers portaient ce jour-là des cuirasses et des brassières faites de ses propres mains ! Mais non, ça n’a pas empêché le chevalier Ernigalo de le tuer… Aguipha, ma grand-mère, s’en est jamais vraiment remise. C’est pour ça qu’elle était toujours un peu triste et qu’elle disait pas grand-chose, sauf pour raconter les légendes de ZGLONG pendant les veillées d’hiver. Mais heureusement, elle continuait les rites de la déesse Myrna pour soigner les animaux du village. Je la revois danser, avec ses rubans dans les cheveux, danser danser autour des vaches, en leur peignant la fourrure ! Et aussi, des fois en hiver, quand la rivière était gelée, c’est moi qui remplissait le bac quand grand-mère Aguipha encourageait les femmes en accouchement à chanter leur douleur… Elle faisait ça très bien, parce qu’elles mourraient pas trop. Tout le monde lui était reconnaissante et on nous offrait des réparations d’outils ou à manger et parfois même des poules, des agneaux, deux ânes, une fois, et ah oui, une fois et même carrément une fois une VACHE3. C’est aussi Agipha qui m’a appris à tresser des couronnes de koulianol4 et à danser la paguenaise5.
« Mais voilà, à la mort de mon grand-père, c’est son fils-aîné, Jean-Hurbert, qui est devenu Hurbert, le nouveau gardien du Génie de la famille. Mais lui aussi est mort quelques années plus tard, quand j’étais toute petite. Mais j’ai appris un jour au lavoir pourquoi il est mort : oncle Hurbert était un porc. Il avait forcé la femme d’Alzaf, le tournier. Ce n’était pas difficile à croire, car il faisait aussi ça avec nos deux valets, à la ferme, même pendant que tante Cabra, sa femme, lui disait d’arrêter ! Mais oncle Hurbert disait : « je m’en fous ! Je m’en fous ! Je baise qui je veux d’abord ! On s’en fout ! On peut être un type bien, et le duc vient quand même tout nous prendre, même la vie ! MÊME LA VIE ! Alors pourquoi se faire chier ? Hein ? Hein ? ». Mais ce jour-là, il ne s’en était pas prise à une servante, mais bien une épouse, bénie par Bénéniquel, la reine des Dieux !
En prononçant cette dernière phrase, Duwuh suce brièvement son pouce et se le frotte sur le front pour tracer un petit trait horizontal, avant de croiser ses mains en éventail sur sa poitrine. C’est là le signe consacré pour s’attirer la faveur des dieux6.
Plusieurs Farfadaises voient qu’en faisant cela, un ret d’énergie psychique jaillit de la tête de Duwuh pour filer haut dans les cieux, et sans doute continuer la trame de l’existence des dieux.
Duwuh reprend.
– Si le chagrin a envahi grand-mère Agipha après la mort de grand-père Hubert, c’est la rage qui a ravagé son fils, mon oncle Jean-Hurbert devenu Hurbert. Il n’a jamais supporté que le chevalier Ernigalo tue son père. Il voulait aller le tuer, mais tout le monde lui disait qu’il allait mourir face à un disciple de Burle, le dieu de la guerre. Il devait attendre la fin de la guerre pour demander justice à notre seigneur l’archiduc, qui était alors parti mater les maraudeurs d’un de ses bâtards qui voulait un château pour lui, et ils étaient armés par mon seigneur le duc Iboreste de Corvaire, du pays voisin.
« Mais à la fin de la guerre, rien ne s’est arrangé. C’était deux étés plus tard, quand là je vous raconte avec mes souvenirs et pas les histoires des autres. Oncle Hurbert est allé demander justice à l’archiduc pour le meurtre de son père par Ernigalo, eh beh ce chevalier était dans la salle du trône ce jour-là ! Et même que pour toute réponse de notre seigneur l’archiduc, ses bardes ont chanté une chanson qui célèbre la gloire du chevalier Ernigalo parce que lui et ses gendarmes ont tué plein de gens pendant la guerre ! Et qu’oncle Hurbert devrait plutôt lui dire merci de l’avoir protégé des vilains maraudeurs et du félon Iboreste !
« Alors oncle Hurbert a dit non, qu’il allait quand même pas dire merci à l’homme qui avait tué son père ! Alors le chevalier Ernigalo l’a frappé du plat de sa lame, en le traitant de « gens de peu, plus crotté que le cul de mon destrier » et toute la cour a beaucoup ri et oncle Hurbert était furieux et il est rentré au village et il disait qu’on vivait dans un monde de merde, plus crotté que le trône de mon seigneur le roi des cons. Et tout le monde avait très peur qu’ils disent des choses comme ça, parce qu’on en avait pendu pour moins que ça.
« Et alors il a arrêté de fabriquer des cuirasses pour le duc, comme grand-père lui avait appris. Et alors mon Seigneur nous a retiré nos deux valets. Alors oncle Hurbert il a commencé à mettre la main aux fesses de tout le monde, même moi ! Alors Guilbur, son petit frère et mon père le frappaient, mais oncle Hurbert était fort, alors il le frappait plus fort en retour et maman criait beaucoup.
« Bref, oncle Hurbert, depuis la doléance ratée auprès de mon Seigneur, c’était une vraie terreur. Alors oui, tout le village, même nous, on était sûr qu’il avait troussé la femme d’Alzaf, parce qu’il voulait trousser tout le monde. On l’a tous cru quand elle l’a dit, alors que c’est rare d’habitude. Mais c’était évident qu’il transforme la domination qu’il subit dans sa bite en domination sur la femme du tournier.
« Alors son mari Alzaf, le tournier, il a pas osé présenter sa doléance de cocu au duc, parce qu’il avait peur que tout le monde là-bas se moque de lui comme ils s’étaient moqués de mon oncle. Alzaf a plutôt demandé raison à mon oncle devant tout le village et il a exigé notre plus belle génisse en compensation.
« Oncle Hurbert a refusé. Il a dit qu’il voulait régler ça selon la vieille coutume : un duel jusqu’au sang, rho la la… Alzaf a d’abord refusé, mais alors Hurbert le traitait tous les jours de poule mouillée, alors il a accepté. Je me souviens bien du jour du combat. Ils avaient des épées et les biabés avaient demandé aux dieux de regarder le combat ! Pendant la bagarre, ils arrêtaient pas de s’insulter et après ils se sont jetés dessus ! Mais même après le premier sang, oncle Hurbert ne s’est pas arrêté et il a frappé frappé et encore frappé Alzaf ! Et il l’a tué ! Alors là, tout le Génie Alzaf a hurlé ! Et il voulait tous se jeter sur mon oncle ! Pour les calmer, il a fallu presque tout le village pour les retenir et les biabés ont dit que oncle Hurbert était allé trop loin, mais que le génie Alzaf devait d’abord avoir un nouveau dépositaire terrestre pour demander un nouveau duel… Alors, le frère de Alzaf est devenu le nouveau Alzaf et bien sûr il a dit que mon oncle allait devoir le payer avec son sang.
Mais il a pas demandé le duel tout de suite. Il a attendu. C’était terrible parce que pendant tout ce temps, le village était divisé en deux à cause de cette affaire, ou même en trois. Mes cousins et mes frères se bagarraient toujours avec d’autres enfants. Nous, avec Baxy, Merilba et Tipa, on essayait de leur proposer plutôt de jouer à la rivière, comme avant, en imitant les crapauds et en nageant pendant que les moutons broutaient aux prés… Mais tous les garçons ne pensaient plus qu’à se casser la figure, rho la la… Bref, après il y a eu l’hiver, et pendant la fête du Deuilgivre, on a même pas parlé de toute cette histoire pour préparer le rituel de réconciliation… Alors que c’est bête parce que c’est justement d’en parler que ça sert !
« Et en fait, c’est pendant la fête des Caliques7, au printemps, qu’Alzaf le puîné a commis une fourberie ! Il a empoisonné oncle Hurbert ! Il faut dire qu’il était plus jeune et moins fort que oncle Hurbert… Mais il a raté son poison et Hurbert est mort tout de suite, alors que le nouveau Alzaf disait : « je voulais juste l’affaiblir ! Mais pas le tué ! Non ! Juste l’affaiblir ! Oh misère de misère ! ». Je me souviens comme mon oncle tremblait, avec ses yeux qui pleuraient et sa bave qui moussait ! C’était horrible ! Presque tout notre Génie accourait autour de lui, sans rien pouvoir faire… C’était vraiment affreux. On a beaucoup pleuré. Baxy disait toujours, en se rappelant de ce jour, que les hommes étaient sacrément bêtes et que leur bêtise rendait tout le monde malheureux.
« Après, comme oncle Hurbert était mort et que son fils aîné, Jean-Hurbert, n’était pas encore « en âge »8, les biabés disaient qu’on avait pas le droit de s’adresser au Génie des Alzaf ou bien même au Génie de mon seigneur Albinquèque de Castignaf pour continuer la justice. Mais mon seigneur n’aimait pas trop l’ancienne coutume des duels. Il était furieux quand ce n’était pas lui qui décidait de la vie ou la mort, alors on se disait qu’il fallait surtout continuer le duel. Mais on pouvait plus ! Jean-Hurbert était trop petit !
« Alors il a fallu ramener oncle Birzig, le frère puîné de oncle Hurbert. Oncle Birzig, je l’avais encore jamais vu avant, parce que mon grand-père l’avait envoyé. C’était bizarre, parce qu’il y avait toujours du travail à faire, alors c’est bête que les gens partent loin de la ferme. Mais maman m’avait expliqué qu’à l’époque, quand moi j’étais pas là, notre Génie des Hurbert avait beaucoup de richesse. C’est pour ça qu’on pouvait envoyer les garçons hors de la ferme. Et donc, oncle Birzig, il était parti servir Burle, le dieu de la guerre, dans l’espoir qu’un Corona Muralis9lui permette de devenir écuyer, puis chevalier et alors… peut-être même épouser une noble dame, et il y aurait eu un Génie Birzig qui aurait pu avoir ses propres termes et régner en seigneur ! Et on aurait eu un oncle qui a DES TERRES !
Duwuh observe la foule quelques instants, comme si elle venait de partager une possibilité tout à fait stupéfiante, avant de reprendre :
– Bref, Birzig a reçu notre message par un compagnon d’Héliphast10. Et il est revenu pour épouser Cabra, la veuve de feu oncle Hurbert et devenir le nouveau Hurbert, selon la coutume. Mais alors, ce nouveau Hurbert, moi je l’appelais Birzig, parce qu’il était pas du tout comme la famille, même si les biabés disaient qu’on avait plus le droit et qu’on devait honorer l’Esprit Hurbert en lui.
« Mais oncle Birzig s’est fait maudire par Burle. Il faut dire qu’il avait quitté la voie de Burle, alors que normalement, c’est seulement la mort qui libère le vœu de guerrier. J’étais très triste quand j’ai compris que pour honorer la tradition des Hurbert, Birzig avait brisé un serment ! Un briseur de serment dans la famille ! Ah ! Alors il s’est fait maudire, bien sûr, parce oncle Birzig, dès les premières nuits à la ferme, il se réveillait tout le temps et il criait dans le noir, en frappant dans le vide. Et alors les bébés se mettaient à pleurer et les voisins nous gueulaient de la fermer. Mais même quand papa lui disait que tout va bien, il continuait de crier et il frappait tous ceux qui l’approchaient. Il croyait toujours que quelque chose voulait le tuer. Il sursautait tout le temps. Enfin, il nous réveillait tous tout le temps et personne pouvait plus dormir. On était tous fatigués, maintenant que Birzig était le gardien du Génie Hurbert.
« Mais surtout, oncle Birzig, il voulait plus se battre. Donc à la place d’accepter le duel, il a réuni tout le village, y compris un représentant du génie des Alzaf et il a demandé : « si je répudie ma femme Cabra, la veuve de Hurbert et qu’on la bannit, elle et tous ses enfants, dont Jean-Hurbert, est-ce que vous considérez que la dette de sang a été payée, puisque la lignée de mon frère sera éteinte ? ». Et les Alzaf ont déclaré que si la lignée d’oncle Hubert était bannie, ils déclareraient devant les dieux que justice est faite. Et alors Birzig aussi…
« Alors là, tante Cabra, elle est devenue folle, mais alors complètement folle de rage. Elle a hurlé sur tout le village, toute la journée, mais plus personne ne devait lui répondre, ni même la regarder, ni elle, ni mon cousin Jean-Hurbert, ni mes cousines Ikige et Pozitana… même nous, dans notre Génie, Birzig disait qu’on devait plus rien leur dire. Quand Cabra a frappé les gens, les hommes du village lui ont encordé les bras. Mais elle voulait toujours pas partir.
« Quelques jours plus tard, des saltimbanques itinérants sont venus et Birzig leur a donné les bijoux de Cabra en échange de l’emporter elle et ses enfants avec eux. Elle hurlait et ses enfants pleuraient, alors on leur a mis des foulards dans la bouche. C’était vraiment horrible. Moi aussi je pleurais, parce que je les aimais vraiment beaucoup. Cabra, des fois j’allais l’aider à traire les chèvres et les moutons. Ou bien on faisait la couture, ensemble, avec maman et Baxy et Ikige et Pozitana… Tipa, elle était trop jeune, je crois, encore. Mais on la gardait, bien sûr, avec les autres petits. Et Flipor, même si c’était un garçon, il était avec nous. Et Flipor et moi et Tipa, on était tellement tellement tristes, ce jour-là ! Mais tristes de chez tristes ! Franchement, peut-être que Birzig aurait mieux fait d’accepter le duel à mort… Mais bon, d’autres dans le village disaient que c’était un sage, car payer une dette de sang en démarre toujours une nouvelle et ça s’arrête jamais. Alors que là, Birzig a arrêté la violence. Mais c’était bizarre, de la part d’un ancien disciple de Burle… Il aurait gagné le duel, à coup sûr… Il devait vraiment être maudit par Burle… Mais oh la la… je revois leurs visages qui nous supplient de les garder… qui supplient Birzig d’aller se battre… Et on avait rien le droit de dire ! Moi, j’ai donné mon bracelet d’Élai11 à Pozitana. Elle l’a accepté, alors qu’elle avait huit ans de plusse que moi, et que c’était déjà une femme… Rho la la… Je me demande où elle est aujourd’hui…
Bon, ben, après… ça s’est un peu calmé, si je me souviens bien. Sauf bien sûr quand oncle Birzig hurlait la nuit… Mais Myrna nous a bénis avec de beaux étés, plein de récoltes et de naissances. Pendant une fête des Caliques, j’ai offert mon premier baiser à Jidioptre… ohh Jidioptre… ça faisait longtemps que je n’avais pas repensé à mon premier amour… ! Je me demande où il est, aujourd’hui, haha ! Qu’est-ce qu’on rigolait bien, tous les deux… Enfin quand nos frères et sœurs nous laissaient tranquilles, hahaha ! Mais qu’on était beaux, Jidioptre et moi. Une fois, à la fête de la Longue Danse, on avait chanté tous les deux devant tout le village le duo du Jour et de la Nuit. Ma mère Opikèf et grand-maman Agipha qui nous avaient recousu les somptueux vêtements rituels ! J’adorais chanter… Je chantais souvent, à cette époque. Quand je donnais le fourrage, quand je désherbais, quand je m’occupais des plus petits… Quand j’allais à la cueillette pour visiter aussi Baxy, qui avait décidé de devenir vestale de Diaris. Je la trouvais parfois dans le fanal des Trois Collines. Elle veillait à ce que le feu brûle en haut de la tour la nuit pour aider les voyageurs, surtout quand les rivières débordaient et détruisaient les chemins.
« Oncle Birzig avait dit « Baxy était une petite conne d’avoir renoncé à suivre Bénéniquel pour Diaris. Elle doit devenir une épouse ! Le Génie Hurbert a besoin d’alliance après toutes ces histoires. » Mais Baxy s’en fichait. Elle est partie. Elle a renoncé au mariage et elle parcourait les routes du pays avec ses amies disciples de Diaris, en réparant les ponts, en entretenant les feux sacrés et en chassant… On la revoyait quand même pendant les fêtes sacrées. Parfois, elle venait avec une autre amie qui avait plein de belles fleurs dans les cheveux. Tard le soir, quand elles se sont fait des bisous, moi, Merilba et Flipor on a chanté le chant des amours secrets de Diaris et Héliphast, le couple qui aime tout le monde, et elles ont beaucoup ri et elles ont chanté avec nous.
Moi, parfois, j’allais dans la forêt avec Merilba et Tipa. Et on voulait y aller toujours plus loin. Parce que la rumeur disait que Cabra et les cousins avaient rejoint un clan Vitiv, les païens qui n’honorent pas les vrais Dieux…
– Vitiv ? Vitiv ! S’excite une des Farfadaises qui écoute l’histoire de Duwuh. Des fois Vitiv assez gentils pour grandir parmi eux et fiesta fiesta !
– Haha, oui ! Ça se pourrait bien. Confirme Duwuh. Mais d’autres tribus Vitiv sont tellement fâchées qu’on coupe leurs arbres sacrés qu’ils brigandaient ! Et quand ils attaquent un village, ils tuent tout le monde ! Sans rien respecter de la guerre des princes12 !
« Mais on s’en fichait, Merilba, Tipa et moi. On avait pas peur. On voulait quand-même aller très loin, mais si on partait plus long que le temps d’une cueillette, les parents nous grondaient ou parfois même ils nous frappaient le fondement. Mais un jour, Merilba avait les seins qui ont poussé et elle m’avait montré du sang dans sa culotte. On était d’abord triste, parce que ça voulait dire qu’elle devait faire son pèlerinage de Passage pour être bénie par Bénéniquel. Et à son retour, les hommes lui feront la cour et on ne pourra plus jouer ensemble.
« Mais c’était aussi notre chance de quitter le village toutes seules ! Merilba a dit qu’elle voulait que ce soit moi et Tipa son escorte jusqu’à la troisième nuit de son voyage. Et surtout Baxy a accepté de nous accompagner aussi et alors là, ça a rassuré le village. On nous a laissé partir. Et là, hop, on a quitté la route d’Aclurf pour voir si la rumeur de Carba et les Vitivs était vraie…
« Et elle était vraie ! En chemin, quatre bandits nous sont tombés dessus et parmi eux il y avait Jean-Hurbert, notre cousin ! Il nous a reconnu et il a ri et nous aussi on a toutes rigolé. On lui a demandé s’il était toujours fâché à cause du bannissement. Il a dit qu’il s’en fichait du Génie des Hurbert et même il s’en fichait des Seigneurs et des Dieux… Et que maintenant, il s’appelait Zinzik et il avait une nouvelle vie. C’était terrible. On a eu peur que le mauvais œil soit sur lui à cause de son impiété. C’était vraiment un bandit des grands chemins, parce qu’il était tout crotté de vivre dans la forêt et il portait un arc13.
Tipa a couru lui faire un câlin. Elle a dit qu’il lui avait manqué et elle a pleuré. Notre cousin a pleuré. Merilba et moi, on a pleuré. Après, les autres bandits aussi ont pleuré. C’était très beau. Après, Zinzik et ses amis nous ont invité à manger dans la forêt, avec les Vitives ! Avec leurs longues barbes partout, leurs piercings et leurs tatouages ! Et là, il y avait Pozitana ! Elle avait toujours mon bracelet d’Élai ! J’étais trop contente ! On s’est fait un long câlin et on a beaucoup pleuré. Elle m’a dit que c’est dommage que sa mère Carba était partie avec d’autres sorcières depuis trois jours. Elle aurait adoré être avec nous. Par contre, elle m’a dit que sa sœur Ikige était partie un jour et n’était jamais revenue. Depuis ce jour, Tipa, Merilba et moi, c’était notre secret de rencontrer la famille bannie, à mi-chemin de nos demeures, en disant qu’on allait à la cueillette ou faire paître les troupeaux. Un jour, Flipor nous a découvert, mais il a rien dit, parce qu’à ce moment-là, il aimait pas tout notre Génie et il voulait passer du temps loin de la ferme.
Parce que tout s’était empiré, dans le Génie. Personne à la maison n’avait aimé la décision de Oncle Birzig de bannir la famille de Carba, qui n’avait rien fait de mal ! C’était tout oncle Hurbert ! Mais Birzig, qui avait le Génie Hurbert, décidait parce que c’était le patriarche. Mais il était maudit par le dieu Burle, tout le village le disait. Il hurlait souvent la nuit. Burle le tuait dans ses rêves.
« Un jour, peu avant mon propre Passage, Birzig rentrait nos vaches et Burle est entré dans une des vaches pour la rendre folle de rage ! Et elle a foncé contre un mur en coinçant la main de Birzig. Sa main saignait beaucoup et elle était toute cassée. Mami Aguipha lui a posé un cataplasme et a beaucoup prié Myrna pour lui sans le dire aux biabés, mais Birzig n’écoutait pas ses conseils. Il ne se reposait pas. Il continuait de travailler au champ. Il faut dire qu’il fallait préparer les moissons, les fêtes de Kliberth et les impôts des meilleures bêtes pour notre Seigneur. Alors, le dieu Gieq est entré dans sa main et elle est devenue toute noire. Et Birzig est devenu tout flasque et blanc. Il transpirait tout le temps. Il tremblait. Et il est mort.
« C’était le troisième gardien du Génie Hurbert qui mourait avant son heure. Le village disait qu’on était maudit par tous les dieux Punédaille. Son fils, mon crétin de cousin Jean-Hurbert, est devenu encore plus bête et violent. Il a refusé le Génie de la famille. Il continuait de boire l’hypocrasse tout le temps et de dire qu’il allait tuer Zinzik et aussi Alzaf et aussi Ernidalgo et tous ceux qui ne voulaient pas nous aider… Les gens disaient qu’il était maudit, qu’il avait le démon en lui, comme mon grand-père et son premier fils, celui qui troussait tout le monde.
« Comme Jean-Hurbert ne voulait rien savoir, Ivobo est restée l’Épouse du Génie, mais elle était veuve… Et mon père était déjà marié. Elle a donc dû partir trouver Jocal, mon troisième oncle, que mon grand-père avait envoyé vers les Compagnons de Héliphast, le Messager des Dieux, le Poète Bienheureux, pour devenir Barde, dans l’espoir qu’il soit admis dans les cours des Seigneurs du royaume. Mais il a préféré devenir saltimbanque itinérant. Jocal passait parfois au village, avec d’autres compagnons de Héliphast, et il faisait leur magie des Histoires, en se transformant en d’autres personnes, des femmes, des vieux, des enfants, des monstres, avec des vêtements merveilleux ! Et lui et ses compagnons chantaient ! En rimes ! C’était trop beau ! Et il faisait des satires sur les Seigneurs ! Et on avait le droit de dire ! Haha ! C’était… pfiouu lala ! C’était toujours la fête quand il venait et tout le monde rigolait beaucoup !
« Quand Ivobo est partie trouver Jocal, tout le village disait : « mais, Jocal est un compagnon de Héliphast, il est bien trop libre ! Héliphast n’a pas de famille dans les cieux ! Ça n’a aucun sens ! S’il revient, à coup sûr, Héliphast va le maudire tout comme Burle a maudit Birzig ! ». On ne sait pas comment Ivobo s’y est pris, mais elle est revenue avec Jocal, qui ne portait plus les habits bigarrés des Compagnons de Héliphast, mais la toge virile de l’époux, prêt à devenir le Gardien du Génie Hurbert. Mais alors il ne souriait plus du tout du tout !
Et c’était dur parce que Jean-Hurbert et Vlaux, mes cousins, insultaient toujours Jocal de « niqueur de mère ». Et Jocal, lui, il avait l’air tout le temps triste. Même plusse que triste : il était mélancolique ! Il était bel et bien maudit par Héliphast d’avoir quitté sa voix. Tous les Dieux sont des Dieux jaloux. Des fois, Jocal partait des jours entiers avec sa lyre, sa flûte, les chiens et le troupeau. Il n’était même pas là le matin et le soir pour bénir la famille avec Ivobo. Alors, comme Jean-Hurbert ne voulait toujours pas devenir le Gardien de la famille, alors qu’il avait épousé Gisèle, et qu’il devait être Hurbert… Il disait : « je veux pas être le gardien de tous ces cons ! ». Il nous insultait toujours. Donc, c’est Guilbur, mon papa, qui disait les prières et qui nous touchait le front, avec Ivobo qui lui tenait le coude ! Alors qu’ils étaient pas mariés ! Ma maman disait rien, mais je savais qu’elle était folle de jalousie ! On devait pas dire ce blasphème au village… Sinon on pouvait être dénoncé à un inquisiteur de Tixi, la Déesse de tous les Génies.
Et c’était terrible. Jocal, il était tout le temps triste. Sauf quand il faisait de la musique ou qu’il était trop fatigué pour être triste à cause du travail. Et Ivobo, mon père, ma maman et Elike l’affranchie, l’amour de Talpax, mon oncle bizarre qui murmurait tout bas tout seul, parce qu’il avait un fil avec Gieq14… euh, bah c’était les seuls qui s’occupaient de la ferme ! Et c’était peu ! Alors on devait tout le temps les aider. Et Jean-Hurbert et Vlaux continuaient de boire trop et d’être terribles. Ah, Gisèle aidait un peu aussi, mais elle avait trois bébés : Klimbab, Niouk et Deu. Niouk était le Jean-Jean-Hurbert. C’est à moi qu’on a demandé de le surveiller tout le temps ! Et Trual, la femme de Vlaux, elle aidait aussi un peu, mais elle boitait parfois parce qu’elle se faisait taper dessus par Vlaux. Il disait qu’elle était stérile, que ses entrailles étaient pourries et que c’était le signe que Myrna était en train d’abandonner mamie Aguipha. Mami Aguipha, elle répondait pas. Elle était toute triste tout le temps, comme Jocal, et les gens ne venaient plus la voir pour bénir les champs et pour soigner les animaux, et parfois les gens, mais ça fallait pas dire.
Jocal et Ivobo aussi ont eu un bébé, mais il est mort. Et la deuxième fois qu’Ivobo accouchait de l’enfant de Jocal, elle est morte et le bébé aussi. Alors là, on était tous terrifiés, parce que Jean-Hurbert voulait tuer Jocal. Il l’accusait d’avoir tué sa mère ! C’était vraiment terrible. Il n’y avait presque plus personne pour s’occuper des terres et des bêtes de notre Seigneur le Duc de Castignaf.
Duwuh s’arrête longtemps. On lui sert du thé qu’elle boit en contemplant son reflet et en pleurant doucement.
– Mais tout ça, ce n’était rien comparé à l’invasion des Performanciens de Moremasse. Ça, c’était une guerre comme on en avait encore jamais vue. C’est ça qui a vraiment tout changé.
À suivre…
1Si vous n’avez pas compris cette phrase, c’est bien normal. Par “Génie” (aussi parfois appelé « Esprit » ou « Pénates »), Duwuh désigne une sorte de petit dieu lié à sa seule famille en particulier. Chaque famille de la religion Punédaille a, en plusse des douze divinités majeures, un plus petit dieu qui veille rien que sur les membres de la famille. Et par « détenteur », Duwuh désigne l’aîné mâle de la famille, le patriarche, qui est plus étroitement lié à ce Génie, jusqu’à même porter son nom et officier deux petites cérémonies, le matin et le soir, pour prier et faire offrande à ce dieu. Traditionnellement, à la mort du patriarche, c’est son fils aîné qui reprend son nom – celui du Génie, afin de devenir le nouveau « détenteur du génie » ou, par raccourci de langage « avoir le génie », voir même « c’est lui le Génie de la famille » (la famille étendue, puisque les frères cadets et leurs familles obéissent à l’aîné). Cependant les biabés Punédailles (biabé = couple de prêtres) n’aiment pas le raccourci « être le génie » et sermonnent parfois vertement ceux qui parlent ainsi, en précisant bien qu’ils sont « le détenteur de son esprit », pas l’esprit lui-même.
2La poutaque est une sorte de pizza calzonne, mais à pâte plus foncée et aux flocons de levure de malt à la place du fromage. Car le fromage est beaucoup plus rare et précieux dans le duché de Castignaf, souvent accaparé par les gendarmes des Seigneurs.
3Une vache en bonne santé équivaut à deux ou trois années de salaire de Duwuh pour son travail de paysanne, même si elle n’avait jamais vu de monnaie de sa vie. Tout se faisait au troc, aux échanges de service, du genre :
– Tu me reforges ma faux et ma fille aînée veille sur tes enfants pendant une semaine !
– Mmh ajoute à ça une des tartes de ta femme et je te répare ta zig va couper les feuilles qui tombent dessus !
– Haha, tope là mon couillon !
Et même quand ce n’était pas du troc de services, lorsque par exemple des bourgeois itinérants passaient par le village, Duwun ne voyait pas non plus de pièces, car les marchands échangeaient leurs marchandises contre du métal précieux sous forme de bijoux comme des bagues, bracelets, boucle d’oreilles, colliers,… La monnaie, ou « piastre », avait plutôt cours dans les grandes villes où Duwuh n’a encore jamais mis les pieds.
4Une petite fleur jaune, nervurée de fines lignes violettes. Elle symbolise le renouveau. Tout le monde en porte des couronnes à la fête du Nouveau Souffle, à la fin de l’hiver.
5La danse du Soulagement, après s’être dit les vérités inavouables. Elle sert aussi à se réveiller le matin.
6L’équivalent catholique de se signer.
7La fête des Caliques célèbre la fertilité des hommes et des femmes. C’est une fête où les hommes doivent devenir doux comme des épouses et les femmes fortes comme des maris, et préparer des célébrations qui se terminent en longues danses nuptiales.
8Sous entendu “en âge de procréer et donc de se marier”. Dans le duché de Castignaf, comme dans beaucoup de régions de ZGLONG, la maturité juridique équivaut au moment où le corps arrive au stade de sa puberté où il peut faire des enfants. Chez les paysans, le mariage et les enfants arrivent alors tout aussitôt, et le fils aîné devenu époux est en plein droit d’honorer les rites du Génie de la famille le matin et le soir, afin de s’attirer les faveurs du petit dieu sur tous les membres de la famille élargie, à l’exception des soeurs, parties vivre servir le Génie de leur nouvel époux.
9Dans ZGLONG aussi, il existe la tradition du Corona Muralis : le prestige revenant au premier soldat qui pose le pied sur les remparts ennemis. En effet, ZGLONG et plus particulièrement le continent Outch, a une histoire de guerre atrocement longue, où les gens se sont rendus compte que promettre l’anoblissement les guerriers les plus déterminer à prendre d’assaut une fortresse inclinait tout le monde à toutes sortes de dingueries.
10Le compagnonage de Héliphast, le messager des dieux, est un sacerdoce qui comprend, entre autres, la tâche équivalente à celle de postier, mais aussi de musicien, poète,…
11Le bracelet d’Élai est un ouvrage d’orfèvrerie très précieux, ciselé pour évoquer des feuilles de Charmil, un arbre associé à Bénéniquel, épouse de Génou Tout-Puissant. C’est la déesse de la féminité et de la maternité, ainsi que la protectrice de tous les enfants jusqu’à leur puberté.
12C’est-à-dire ne tuer que les gens armés qui veulent se défendre, pas les enfants, les vieux, les blessés, etc.
13Porter un arc est une violation de la deuxième des trois lois de Burle, le Dieu de la Guerre :
1) Ne tue pas les faibles (c’est à dire « on ne tue pas des gens désarmés, qui ne suivent pas la voie du guerrier »).
2) Bats toi avec honneur (c’est à dire des armes de corps-à-corps… Burle a horreur des armes de jet et de la magie).
3) Que des 1v1 (on ne frappe pas quelqu’un qui se bat déjà contre quelqu’un d’autre).
En cas de désobéissance, l’Inquisition du Temple de Burle dépêche des escadrons de guerriers d’élite pour traquer les pécheurs et souvent, Burle ne s’encombre pas de pénitent : le châtiment est la mort.
14“Avoir un fil” avec un Dieu, « être relié » un peu comme une marionnette, c’est être sous son emprise malgré soi, sans affiliation à son clergé officiel. IRL, on dit plutôt “être marqué par… (la mort, la beauté, la chance, etc)”.
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